Imprimer
Commentaire
Enviar a un amigo
|
|
|
Les trois ados risquent 10 ans
01/03/2010 13:29:44
Les Zurichois Mike, Benji et Ivan, tous 16 ans au moment des faits, ont passé à tabac cinq passants l'été dernier à Munich, en laissant même un pour mort. Leur procès s'ouvre le 8 mars
Comment «s'amuser un peu»? Réponse: en démolissant le portrait de gens croisés dans la rue. C'est l'idée mise en pratique par trois ados de la région zurichoise lors d'un voyage de classe à Munich en juin 2009. Pour avoir tabassé sauvagement cinq inconnus, ils ont été inculpés de lésions corporelles graves et tentative de meurtre. Ils risquent 10 ans de prison. Leur procès, prévu à huis clos devant le Tribunal pour mineurs de Munich, aura lieu le 8 mars.
L'été dernier, ce fait divers a fait la une des médias. Le contenu de l'acte d'accusation, que s'est procuré le Tages-Anzeiger, fait froid dans le dos.
Boire et fumer
Le drame se joue le 30 juin 2009. Des élèves de l'Ecole professionnelle et de perfectionnement de Küsnacht - dont Mike, Benji et Ivan - sont à Munich pour fêter la fin de leur 10e année scolaire. Après le repas du soir, ils obtiennent la permission de minuit et demi. Des élèves se rendent dans un parc public pour «picoler», un des participants dixit. Des joints circulent. Soudain, Mike constate que son porte-monnaie a disparu. De rage, mais aussi pour éprouver du plaisir, il décide d'aller taper des gens. Benji et Ivan le suivent.
«La tête pendait»
A 23 h 15, les trois ados - deux Suisses et un Slovène - s'approchent d'un groupe de Macédoniens jouant aux échecs et buvant des bières. Mike prend son élan et balance son poing dans la tête de l'un d'eux. Ivan bastonne un deuxième innocent. Puis les deux jeunes s'en prennent à un troisième homme qui a le bras en écharpe. Il tombe à la renverse, sa tête heurte un banc. Ivan balance «son pied dans la tête qui pendait». Les trois victimes sont grièvement blessées.
Dix minutes de massacre
A 23 h 23, Mike, Benji et Ivan croisent Wolfgang O., vendeur en assurances, qui se rend à son hôtel. Le quadragénaire reçoit un coup de poing au visage. Il tombe. Benji lui assène alors un puissant coup de pied, toujours au visage. Mike l'imite à deux reprises. Wolfgang O. perd connaissance. Les médecins constateront que la partie centrale de son visage s'est décalée sur la droite et que des os du visage sont brisés. Hier, Sonntag révélait que cet homme qui s'est retrouvé dans le coma artificiel et qui a risqué de perdre la vue réclame une indemnité de 360 000 francs.
A 23 h 25, dix minutes après leur première attaque, les trois cogneurs partiellement avinés - 0,9‰ pour Mike, 0,67‰ et 0,01‰ pour les deux autres - s'offrent leur cinquième et dernière victime, un étudiant bulgare. Il a droit à des coups de poing et de coude. Mike, Benji et Ivan regagnent ensuite leur auberge de jeunesse, enlèvent leurs habits maculés de sang et s'installent devant la télé. Comme si de rien n'était. La police viendra les cueillir pendant la nuit.
De sa prison, Mike se demande «comment il en est arrivé à une action aussi stupide». Il dit aussi: «Merde, j'ai bousillé la meilleure période de ma vie.» Encore: «Excusez-moi.» Et il formule le souhait de rentrer en Suisse après le procès. «Il devrait alors en faire la demande à l'Allemagne ou à la Suisse, nous explique Me Jacques Barillon. Les autorités des deux Etats statueraient dessus, mais ne seraient pas obligées d'y donner une suite favorable. En Suisse, la décision de transfèrement est de la compétence de l'Office fédéral de la justice.»
Un mot sur les victimes: selon l'avocat de deux des Macédoniens, ses clients ont très peur de se retrouver dans la foule, l'un d'eux souffrirait de vertiges et aurait de très fortes douleurs à l'oreille. Quant à l'avocat de Wolfgang O., il dit que son client portera sûrement toute sa vie sur son visage les marques de son passage à tabac.
|
|