09/03/2010
Ricardo Lumengo n'exclut pas de démissionner
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Le conseiller national socialiste envisagerait son retrait du Conseil national s'il était condamné par la justice pour fraude électorale. Il ne prendrait toutefois cette décision qu'après consultation avec son parti.

"En cas de condamnation, j'envisagerais mon retrait du Conseil national après consultation avec mon parti", a annoncé Ricardo Lumengo. Dans un communiqué, il conteste l'accusation de fraude électorale: "j'attends sereinement la décision de la justice". La date de son procès n'est pas encore fixée.

Mise au point du PS

A deux semaines des élections cantonales bernoises, le comité directeur du Parti socialiste bernois a déjà mis les choses au point: il ne tolérera pas dans ses rangs un élu reconnu coupable de fraude électorale. Si Ricardo Lumengo est condamné, le PS bernois n'entend pas tergiverser, il exigera sa démission immédiate.

Le politicien biennois devra comparaître devant un juge unique du Tribunal d'arrondissement de Bienne-Nidau pour soupçons de fraude électorale, a annoncé mardi le service de juges d'instruction du Jura bernois et du Seeland. Selon l'instruction, Ricardo Lumengo aurait rempli de sa main 44 bulletins de vote en sa faveur.

Recours rejeté

Le premier parlementaire fédéral noir s'était opposé à la publication du communiqué du service de juges d'instruction, estimant qu'il violait sa présomption d'innocence. Mais la Chambre d'accusation de la Cour suprême du canton de Berne a rejeté son recours, le jugeant injustifié.

L'accusé reconnaît avoir commis "une erreur" en voulant aider des nouveaux électeurs et des personnes rencontrant des difficultés sur la façon d'exercer leur droit de vote. "C'est ce comportement qui a causé l'actuelle procédure pénale", a expliqué Ricardo Lumengo. "J'espère enfin voir la justice apporter une clarification de la situation". La peine maximale pour fraude électorale est de trois ans de prison.

Non-lieu

La procédure portant sur l'élection de Ricardo Lumengo au Conseil national s'est soldée par un non-lieu. Dans ce volet, le Ministère public de la Confédération avait ouvert une enquête pour soupçons de captation de suffrages portant sur 47 bulletins, apparemment tous remplis à la main par une même personne. Tous étaient en faveur du socialiste biennois.

"Mais le Ministère public de la Confédération n'a pas pu faire le lien direct avec Ricardo Lumengo", a expliqué à l'ATS le procureur de la région Jura bernois-Seeland Pascal Flotron. "Les doutes graves ne se sont pas concrétisés", a ajouté le procureur en expliquant la décision de non-lieu.

Lors des élections au Conseil national, Ricardo Lumengo était le 3e et dernier élu de la liste masculine du Parti socialiste bernois. Avec 43'447 suffrages, il précédait le 1er des viennent-ensuite, Corrado Pardini, de 11'294 voix.

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