30/07/2010
Statu quo entre Colombie et Venezuela, en attendant l'investiture de Santos
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La Colombie et le Venezuela sont restés figés sur leurs positions jeudi lors d'une réunion régionale, laissant le soin au prochain gouvernement de Juan Manuel Santos, investi dans une semaine, de rétablir les liens avec Caracas, accusé d'héberger des guérilleros colombiens.

"Il existe des positions très distinctes qui n'ont pas permis d'aboutir à une résolution (...) Cela a été difficile de les rapprocher," a admis Ricardo Patino, chef de la diplomatie de l'Equateur, qui exerce la présidence temporaire de l'Union sud-américaine des nations (Unasur), après une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'Unasur à Quito.

Les 12 pays membres se sont simplement engagés à éviter la présence de rebelles dans des territoires étrangers, selon lui, et la présidence de l'Unasur a proposé un sommet des chefs d'Etat du bloc régional pour apaiser les tensions.

La nouvelle crise entre les deux voisins sud-américains a éclaté le 22 juillet, deux semaines avant le passage de relais entre le président colombien sortant Alvaro Uribe et son successeur élu Santos, le 7 août.

Le gouvernement colombien sortant a présenté des "preuves" (images satellites, coordonnées GPS, photos) de la présence de 1.500 guérilleros et de dizaines de campements rebelles colombiens au Venezuela.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a démenti ses allégations et rompu ses relations diplomatiques avec Bogota, une première depuis son arrivée au pouvoir en 1999, même si le chef de file de la gauche radicale latino-américaine entretient depuis des années des relations houleuses avec le conservateur Uribe.

Hugo Chavez a également placé 20.000 hommes en "état d'alerte maximal" à la frontière, longue de 2.219 km, par peur d'une attaque colombienne, soutenue par les Etats-Unis.

Le chef de la diplomatie vénézuélienne, Nicolas Maduro a demandé jeudi à son homologue colombien Javier Bermudez de réitérer son engagement à ne lancer aucune attaque et ajouté que son pays avait "examiné" les éléments remis par Bogota et dévoilerait prochainement les résultats de ses investigations.

Il a aussi appelé Bogota à reprendre le dialogue avec les guérillas, une exigence rejetée par Uribe, qui refuse de donner aux rebelles le temps de "reprendre leur souffle".

M. Bermudez a riposté en accusant le Venezuela d'avoir empêché l'adoption d'un mécanisme de coopération visant à éviter la présence de rebelles dans d'autres pays.

"Tous les ministres s'étaient mis d'accord sur un texte préliminaire" sur le sujet, mais "à la dernière minute, le Venezuela a décidé ne de pas l'accepter", a-t-il affirmé.

Selon M. Maduro, la crise ne pourra se résoudre qu'après le passage de relais entre MM. Uribe et Santos.

"Un nouveau gouvernement va prendre ses fonctions dans quelques heures en Colombie et nous espérons qu'avec lui, il y aura un respect absolu, que cesseront les attaques que nous avons vécues ces huit dernières années, les mensonges, les montages, les pièges et que la relation sera fondée sur le dialogue", a-t-il déclaré.

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