01/09/2010
Peine de mort: il menace de relancer l'initiative
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Marcel Graf, à l’origine de l’initiative populaire - entretemps retirée - en faveur de la réintroduction de la peine capitale, ne relâche pas la pression sur la justice suisse. Il menace même de relancer le texte s’il n’obtient pas un positionnement clair du DFJP.

M. Graf exige de la justice que les procédures pénales pour un crime capital soient accélérées et soient achevées après un an lorsque le coupable est connu, a indiqué M. Graf dans une interview au journal «Sonntag». Il souhaiterait une réponse sur cette question de la part de la ministre de la justice, Eveline Widmer-Schlumpf. Si sa requête reste lettre morte, il n’hésitera pas à faire suivre son initiative à des personnes qui se chargeront de la relayer. «Nous avons un gros lobby derrière nous» qui n’hésitera pas à prendre des risques. Durcissement prévu La ministre de la Justice s’est quant à elle clairement exprimée contre la réintroduction de la peine de mort. Elle prévoit néanmoins un durcissement des peines pour des crimes graves. «Pour de graves lésions corporelles par négligence et homicide par négligence, les peines actuelles devraient être augmentées de trois ans», a-t-elle indiqué à titre d’exemple au journal «Zentralschweiz am Sonntag». Elle présentera sous peu un projet au Conseil fédéral. Mme Widmer-Schlumpf réfute par contre l’affirmation des initiants selon lesquels la justice protège les auteurs de crimes et laisse tomber les victimes et leurs familles. Mais elle concède que dans de nombreux cas, le cadre pénal n’est pas assez bien exploité. On retient également du lancement de cette initiative la question de la vérification des textes avant la récolte des signatures. Il n’est pas satisfaisant, a déclaré Mme Widmer-Schlumpf, de pouvoir réunir des paraphes alors que le texte doit être déclaré à coup sûr partiellement nul. Susciter le débat L’initiative a été retirée mercredi dernier, peu après son lancement. Elaboré par des proches d’une victime, le texte demandait la peine de mort en cas d’assassinat en lien avec un abus sexuel. Le but principal des initiants était de susciter le débat autour de la question. Après le retrait de l’initiative populaire, le comité a reçu 80% de réactions favorables à la poursuite de l’idée. Beaucoup de formulaires avaient déjà été remplis et renvoyés, selon M. Graf. Le texte avait obtenu l’aval de la Chancellerie fédérale, qui s’était prononcée uniquement sur les aspects formels. Les initiants avaient jusqu’au 24 février pour récolter les 100’000 signatures nécessaires. La majorité des partis politiques s’étaient prononcés contre ce texte. Le PS, le PLR et le PDC s’étaient positionnés contre la peine de mort. L’UDC s’était montrée favorable à l’idée de laisser le peuple décider. La peine capitale a été abolie dans le code pénal suisse en 1942

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