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A un mois de la présidentielle au Brésil, la dauphine de Luiz Inacio Lula da Silva, Dilma Rousseff, est bien placée dans les sondages pour l'emporter dès le premier tour, face à une opposition muselée par la popularité record du président sortant, estiment les analystes.
Selon les derniers sondages, Rousseff, qui a été la principale ministre de Lula, que la Constitution n'autorise pas à briguer un troisième mandat, a consolidé sa place de favorite avec 50% des intentions de vote.
La candidate, âgée de 62 ans, a en outre creusé un écart de près de 25 points sur son principal adversaire, le social-démocrate José Serra, 68 ans, ancien gouverneur de Sao Paulo.
Si ce dernier ne renverse pas la donne actuelle, l'ancienne "Dame de fer" du gouvernement du Parti des travailleurs de Lula (PT, gauche), ex-guérillera sous la dictature, pourrait ainsi devenir dès le 3 octobre la première femme élue à la présidence du géant sud-américain (193 millions d'habitants).
"A moins d'une catastrophe ou d'un énorme scandale, tout indique que Rousseff passera dès le premier tour", a déclaré à l'AFP le politologue David Fleisher.
"Disons que Serra a moins de 10% de chances de pouvoir renverser la tendance. Cela veut dire que Rousseff aura trois mois pour constituer son gouvernement avant d'assumer la présidence le 1er janvier", a ajouté Fleisher.
L'analyste Ricardo Ribeiro du consultant MCM, est du même avis.
"Il est facile de faire des prévisions. On voit mal quelles armes l'opposition pourrait utiliser pour équilibrer le jeu", dit-il.
D'après lui, "non seulement Rousseff a creusé un écart très important, mais toute la conjoncture est favorable au PT: l'économie marche bien et les électeurs semblent déterminés à opter pour la continuité".
Après huit ans de pouvoir, la cote de popularité de Lula est de 80%, la croissance économique du pays devrait atteindre 7% en 2010 -la plus forte des 24 dernières années- et deux millions d'emplois auront été créés cette année, selon le gouvernement.
En outre, les analystes jugent que les grands thèmes ne sont pas discutés en profondeur, en raison des difficultés de l'opposition à présenter des contre-propositions.
"La discussion se limite à savoir comment poursuivre ce que le gouvernement a fait de bien ou comment faire plus. Ainsi les thèmes les plus importants, comme la réforme budgétaire par exemple, qui ne disent rien aux électeurs, sont laissés de côté", estime Fleischer.
Autre exemple, selon lui: Serra a suggéré que le Brésil adopte une nouvelle orientation diplomatique consistant à prendre de la distance à l'égard de certains alliés comme le Venezuela, la Bolivie ou l'Iran, mais cette "discussion n'a pas eu de suite".
"On aurait pu aborder aussi plus en profondeur les problèmes de la violence urbaine, de la santé ou de l'éducation", ajoute-t-il.
Pour Ribeiro, "les élections, au Brésil et dans le monde, relèvent désormais davantage du show médiatique que d'un réel débat sur des questions de fond".
"Il est évident qu'un second tour avec deux candidats seulement favoriserait un débat plus sérieux", ajoute-t-il, mais cette perspective s'éloigne de plus en plus en plus, au fur et à mesure que l'écart se creuse entre les deux principaux candidats.
Et les huit autres candidats ne semblent pas en mesure de provoquer un second tour. La troisième mieux placée, la candidate des Verts et ex-ministre de l'Environnement de Lula, Marina Silva, 52 ans, plafonne toujours à 10% des intentions de vote.
Il y a 135,8 millions d'électeurs au Brésil, où le vote est obligatoire.
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