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D’ici à 2013, les pilotes seront plus de mille à voler pour la compagnie aérienne. Mais le syndicat grince des dents.
Les nouvelles sont en apparence plutôt réjouissantes. A l’horizon 2013, Swiss cherche plus de cent pilotes. «La compagnie se développe», confirme Jean-Claude Donzel, porte-parole du transporteur aérien. «Nous avons besoin de personnel pour les cinq nouveaux A330/300 et les quatre A320 qui nous permettront d’augmenter des fréquences sur des lignes européennes et d’en créer éventuellement des nouvelles.»
Mais le ciel de Swiss n’est pas entièrement bleu, vu d’Aeropers, le syndicat des pilotes. «Nous constatons que la motivation est en baisse et que le nombre des cas de maladie augmente», souligne Mario Achermann, porte-parole du syndicat. Un avis que ne partage pas Jean-Claude Donzel: «Selon nos statistiques, l’absentéisme a baissé par rapport à l’année précédente.» Un vrai dialogue de sourds, car Mario Achermann réplique: «Swiss n’a que les statistiques, mais nous, nous nous basons aussi sur les sentiments des pilotes sur le terrain.»
Une certitude, pourtant: les deux entités affirment que les pilotes ont de la peine à prendre toutes leurs vacances, tant les horaires sont actuellement chargés. Sur la totalité des quelque 900 pilotes que compte actuellement Swiss, la compagnie devra encore 10 000 jours de vacances d’ici à la fin de l’année. Reste que les déclarations d’Aeropers ne sont pas innocentes. Elles s’inscrivent dans le cadre des négociations qui se déroulent actuellement pour le renouvellement de l’actuelle convention collective, échue au 31 décembre.
«Dans toutes les professions, on doit travailler plus, reconnaît Jean-Claude Donzel. Et les pilotes n’échappent pas à cette règle.» Au point de mettre la sécurité des passagers en péril? «Les pilotes peuvent travailler plus d’heures sur une courte période, mais certainement pas sur le long terme», poursuit Mario Achermann.
Aujourd’hui, un copilote débutant gagne 70 000 francs par an et un capitaine 102 000 francs. Moins que chez Lufthansa, la maison mère, mais pas au point de décourager les vocations en Suisse. «Nous formons une centaine de pilotes par année et nous ne rencontrons pas de problèmes de recrutement. De plus, Swiss compte seulement 10% de pilotes étrangers.»
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