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Une bande encaisse des dizaines de milliers de francs pour des grands crus jamais livrés. Une victime lausannoise témoigne
Caroline en a fait une dépression tant les montants perdus sont importants. Elle croyait de bonne foi que le paiement de plus de 5000 francs de vieilles bouteilles de vin de Bordeaux achetées par téléphone allait déboucher sur une livraison. La Lausannoise n'a rien reçu, mais de prétendues femmes juges ou policières, membres d'une bande qui a son siège en Tunisie, l'ont harcelée plusieurs fois par jour pour lui ponctionner des milliers et des milliers de francs supplémentaires, virés en Tunisie. Elle a finalement déposé une plainte en octobre. Elle raconte sa mésaventure.
Harcèlement téléphonique
Février 2010. Caroline reçoit un premier téléphone. Une femme se faisant passer pour la société française auprès de laquelle elle avait l'habitude d'acquérir des grands crus lui signale que le dossier clients de la compagnie, soi-disant en faillite, a été piraté. Elle lui assure que c'est maintenant elle et une nouvelle société qui ont repris le business.
Deuxième appel deux semaines plus tard: il est communiqué à Caroline que la firme agit maintenant depuis la Tunisie. «Voulez-vous du vin?» questionne son interlocutrice. «Non», répond la Lausannoise qui continue d'être sollicitée. Elle finit cependant par acheter pour plus de 5000 francs de vin. «Je crois qu'il s'agissait de deux caisses de 24 bouteilles chacune. On m'avait promis que six d'entre elles seraient offertes comme je suis une ancienne cliente», explique-t-elle au «Matin».
Caroline paie, non par carte de crédit mais à travers ces officines de transfert d'argent non soumises aux mêmes contrôles que les banques.
Puis elle attend. Les jours, les semaines s'écoulent sans que la moindre goutte de vin ne parvienne en Suisse.
C'est à ce moment que la deuxième arnaque est mise en place. De France et de Tunisie, de fausses policières et juges contactent Caroline avec un discours classique: «Vous n'êtes pas la seule à avoir été abusée. Nous avons des dossiers. Nous sommes en train d'intervenir devant la justice tunisienne. Il convient cependant de nous aider financièrement dans les procédures», entend la victime. C'est un véritable harcèlement. Pas un jour sans que Caroline soit interpellée. Jusqu'à 5, 6 appels quotidiennement. La femme paie, toujours avec l'intention de récupérer sa mise. C'est l'aversion à la perte: payer plus que le montant investi dans l'espoir de retrouver sa mise de départ.
«J'ai viré des milliers de francs. J'ai même financé le voyage en Suisse d'un pseudo-avocat, le seul homme qui m'a téléphoné. Il n'est jamais venu», constate aujourd'hui Caroline. «J'ai vécu l'enfer», admet-elle. Elle décrète en octobre que cela a trop duré: elle dépose une plainte auprès de la police vaudoise.
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