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Les sept Sages ont pris un bain de foule hier dans le Jura, après avoir tenu leur séance à l’Hôtel de Ville. Ambiance.
«C’est nul, ça fait au moins une heure qu’on les attend.» Une petite fille trépigne devant l’Hôtel de Ville de Delémont, où le Conseil fédéral tient sa séance depuis 9 heures du matin. A l’initiative de Doris Leuthard, présidente de la Confédération, la rencontre hebdomadaire a été déplacée pour aller à la rencontre de la population. Mais voilà déjà trois quarts d’heure que les sept Sages auraient dû sortir pour saluer la population, comme ils l’avaient promis. Dans la foule, l’impatience commence à se faire sentir. «Je suis gelée!» lance une adolescente. Puis soudain la porte s’ouvre et tous les grognements s’évanouissent. Ils sont là, rayonnants, détendus comme le jour de leur première course d’école.
Les applaudissements fusent et les ministres se mettent en route à pied, direction la halle du Château. Le cortège est tout sauf homogène, et les conseillers s’éparpillent, serrant les mains des citoyens. Rien de très solennel, en somme. Didier Burkhalter, en particulier, traîne la patte et parle beaucoup. Quel est le but de cette opération séduction? «C’est notre manière de dire: nous sommes proches de vous. Berne n’est pas si loin!» Celui qui fait un peu office de ministre de l’arc jurassien, de par ses origines neuchâteloises, refuse toutefois d’évoquer son opinion sur la création d’un supracanton. «Les régions doivent décider par elles-mêmes. Cela ne doit pas être imposé d’en haut.»
Mais déjà il est l’heure de rejoindre la halle, où Doris Leuthard tient un discours chaleureux, caressant les Jurassiens dans le sens du poil. Elle fait sensation. «Delémont est aujourd’hui la capitale de la Suisse!» lance-t-elle, insistant sur le fait que le Jura n’est pas «une région périphérique». «Je reviendrai cet automne inaugurer un nouveau tronçon de la Transjurane… si on m’invite!»
Durant l’apéro qui suit, auquel environ 500 personnes prennent part, le Groupe Bélier profite de la présence de Simonetta Sommaruga, en charge du dossier de la Question jurassienne, pour lui remettre un panier garni. Mais toutes les spécialités cantonales sont coupées en deux, en allusion à la «partition du Jura». Pour le mouvement de lutte, la Confédération devrait avoir le courage de s’impliquer dans la résolution du conflit jurassien, fait-il savoir.
Burkhalter en retard
Sourires, poignées de main… Les conseillers fédéraux sont en grande forme. Pourtant, leur journée a commencé tôt. Six d’entre eux sont partis en train spécial de Berne, pour arriver à Delémont avant 9 heures. Seul Didier Burkhalter, résidant à Neuchâtel, a utilisé sa voiture. Bien mal lui en a pris, puisqu’il est arrivé en retard. «Mais seulement de trois minutes, à cause des camions!» lance-t-il, amusé. Ce n’est donc pas la raison du prolongement de la séance, qui a fait poireauter la population? «Pas du tout. Nous avions énormément de travail ce matin. Et, si la séance s’était tenue à Berne, nous aurions fait encore plus long», assure-t-il.
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