Culture 26/11/2010
Jupes d'actrices aux enchères pour financer l'aide aux femmes battues
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Des jupes de stars du cinéma, de la mode ou de la chanson ont été dispersées aux enchères jeudi à Paris, à l'initiative de l'association de défense des droits des femmes Ni putes ni soumises (NPNS) qui récoltait des fonds pour aider les femmes victimes de violences.

Sont notamment parties à 1.000 euros une jupe noire fendue de l'actrice Isabelle Adjani, marraine de l'opération, ou une jupe "printanière" mi-longue de l'actrice Carole Bouquet. Une jupe "bleu écolier" de chez Prada portée par l'actrice Sophie Marceau a été adjugée 1.500 euros. Les acheteurs étaient essentiellement des hommes.

Le produit de la vente servira à louer des appartements-relais pour des femmes victimes de violences conjugales, en attendant qu'elles retrouvent un toit.

L'organisation féministe avait choisi de faire de la journée internationale contre la violence faites aux femmes une "journée de la jupe", un vêtement que les femmes, selon NPNS, en particulier dans les cités mais aussi dans d'autres milieux, n'osent parfois pas porter de crainte de s'attirer des réflexions voire susciter des agressions.

"Mettre une jupe c'est un acte militant, dans le quotidien, sur le lieu de travail, dans la rue, chez soi, car aujourd'hui tous ces espaces sont des espaces de danger pour les femmes", a déclaré la présidente de l'organisation Sihem Habchi à l'AFP.

"On a touché près de 500.000 personnes sur Facebook et il y a 200 personnes par minute qui adhèrent", a-t-elle affirmé. "La jupe est bien un symbole de la résistance", selon elle.

NPNS, qui défend notamment les droits des femmes dans les banlieues difficiles, entendait ainsi marquer la journée contre les violences faites aux femmes sur le thème "en jupes et pas soumises".

Dans certaines banlieues françaises, il est devenu difficile de porter la jupe pour les jeunes filles, qui subissent des violences et des pressions des hommes, ce qui fait aujourd'hui de ce vêtement une marque de résistance à une régression des droits des femmes, selon cette association.

Sihem Habchi a rappelé les derniers chiffres de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ODNRP), selon lesquels 654.000 femmes ont déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles en 2009 en France, une augmentation de 15% sur deux ans.

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