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A 52 ans, le marchand de vin valaisan dirigera le Conseil national dès la semaine prochaine. Trajectoire gagnante d’un libéral-radical de naissance.
«C’est un peu stressant, je l’avoue.» En attendant son élection à la présidence du Conseil national lundi prochain, Jean-René Germanier mesure soudain le chemin parcouru en si peu d’années.
En 2003, à 47 ans, ce libéral-radical de Vétroz était parvenu au Conseil national comme un bleu, un peu gauche et intimidé. Jusque-là, sa carrière politique n’avait guère dépassé le cadre de son village natal, où il avait siégé une dizaine d’années au Conseil communal. Mais sept ans plus tard, ce sont quelque 800 invités qui l’attendront mercredi 1er décembre en Valais pour une gigantesque fête, à l’instar de celle réservée au conseiller fédéral Couchepin en 1998.
Jean-René Germanier avait de bonnes raisons de croire en sa fortune politique. D’une part, son père, Francis, était déjà passé par là. Conseiller national radical entre 1947 et 1967, il avait montré la voie à son jeune fils, né en 1958. L’actuel conseiller national se souvient avec ses yeux d’enfants de ses premiers pas sous les lustres du Schweizerhof. Comme il se rappelle qu’à Vétroz les luttes politiques ont souvent été âpres. La commune du Valais central figurait alors comme un microcosme politique, où l’antagonisme entre radicaux et démocrates-chrétiens était très marqué. Jean-René Germanier illustre aujourd’hui le changement de génération qui a aplani bien des divergences, sur le plan local et cantonal: «Cela a heureusement changé. Nous sommes aujourd’hui les deux partis les plus proches.»
D’autre part, en 2003, la partie n’était pas gagnée pour lui sur la liste libérale-radicale, où le choix était très ouvert. Or il a fait plus de 18 000 voix, devançant largement ses colistiers, grâce à des apports du PDC. En 2007, il en faisait 8000 de plus.
Gentillesse et fidélité
Ses trajectoires politique et professionnelle ont démontré une ligne visant à développer ses qualités, plutôt que de focaliser sur les défauts des autres. La reprise de la cave paternelle à Vétroz, connue également pour son eau-de-vie «Le Bon Père William», a démontré ses aspirations de manager et de visionnaire. Les mauvaises langues disent que Jean-René Germanier fait de la politique pour faire connaître ses vins. En effet, les parlementaires ont régulièrement l’occasion de les déguster. Mais ses nectars, amigne et syrah en tête, couverts de médailles, n’ont sans doute pas besoin de cette tribune pour être reconnus.
Ce Valaisan a imposé peu à peu son style fait de gentillesse, d’ouverture et de fidélité à son parti. Il avait beaucoup à prouver. Pour un radical, ses états de service auprès de l’économie restaient en effet modestes: quelques conseils d’administration au niveau local, un mandat à l’Union suisse des paysans et un fauteuil plus cossu à la Fédération des coopératives Migros. Son rayonnement a tout de même dépassé le cadre agricole grâce à sa présence au sein de la Commission des transports et des télécommunications et, classé 42e parlementaire par la SonntagsZeitung en septembre dernier, Jean-René Germanier sort grandi de ces sept années passées à Berne.
Sous le signe de la cohésion nationale
Sa prise de pouvoir se fera en douceur. Après un an de vice-présidence à l’ombre de Pascale Bruderer Wyss, le voilà au parfum de toutes les ficelles du genre. Il envisage une année placée sous le signe de la cohésion nationale: «Je ferai une visite officielle dans chaque canton à l’occasion d’événements emblématiques. Mon message sera aussi de montrer que le Valais s’intéresse à la Suisse.» Il pourra compter sur la femme qui partage sa vie, l’artiste valaisanne Marie-Antoinette Gorret, dont la fantaisie notoire saura faire le pendant aux rigueurs de la fonction.
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