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Pour avoir associé, dans «Le Confédéré», Oskar Freysinger et Hitler, le radical Adolphe Ribordy avait été jugé. Il recourait hier devant le Tribunal cantonal valaisan.
«Autrichiens: On a déjà donné!» Ce slogan, publié sous les photos du conseiller national UDC Oskar Freysinger, de père tyrolien, et le sinistre Adolf Hitler, vaut à un autre Adolphe, nommé Ribordy, de comparaître devant le Tribunal cantonal du Valais.
En novembre 2009, le Tribunal du district de Martigny avait condamné Adolphe Ribordy à 120 heures de travail d’intérêt général avec deux ans de sursis. Le journaliste du périodique radical Le Confédéré , a recouru contre cette sanction. Il veut être acquitté de toute accusation car il n’a fait «que dénoncer les méthodes de l’UDC en reprenant leur manière de procéder», se défend-il.
Oskar Freysinger se retrouve à gauche des trois juges chargés de dire si le bouillant politicien de Savièse a été injurié ou diffamé dans un article et une affiche, largement reprise et diffusée, sur laquelle il est mis sur le même pied que Hitler. Cet amalgame est publié en septembre 2007, en pleine campagne pour les élections fédérales. Si Oskar Freysinger s’est tu, son avocat, le député UDC Jean-Luc Addor, a tenu à dire combien cette comparaison avait touché le père du plaignant, un Autrichien marié à une Valaisanne. «Il pleurait lors de l’Anschluss, en 1938, et ordonnait à sa famille de ne pas sortir applaudir les troupes du Reich», explique Me Addor.
L’ambassadeur autrichien s’était ému
«C’est le professeur d’allemand, le père, le fils, le mari que M. Ribordy a attaqué, pas l’homme politique» a tonné l’avocat en soulignant les nuisances, les rires, les gênes que l’article et l’affiche du Confédéré avaient provoqués. Pour l’avocat de M. Freysinger, «l’action de l’accusé consistait uniquement à faire froidement mal à l’homme». Et Me Addor de terminer: «La liberté d’expression n’est pas la liberté de dire n’importe quoi sur n’importe qui», rappelant que même l’ambassadeur d’Autriche en Suisse s’était ému de cet «amalgame abject».
Autre vision du dossier, celle du député radical Léonard Bender. Cet avocat a d’abord décortiqué le texte et le montage mis en cause avant de s’en prendre aux écrits d’Oskar Freysinger – dont l’un évoque le père de l’ex-conseillère fédérale Ruth Dreifuss en termes peu amènes – et aux mises en scène propres à l’UDC, «de la propagande raciste». «Ce parti fait de la provocation. M. Ribordy lui a rendu la monnaie de sa pièce», a asséné hier Me Bender, concédant qu’Oskar Freysinger «n’a rien à voir avec Hitler et ne partage pas la même idéologie». La défense a réclamé un acquittement.
Jugement ultérieur
L’ancien député Adolphe Ribordy, 67 ans, «dont la famille vit depuis huit siècles à Sembrancher», rappelle l’avocat, tient à avoir le dernier mot: «Freysinger est Autrichien. C’est un fait. Il a diffusé des cartes d’identité suisses avec le portrait de Ben Laden. Il me trouvera toujours devant lui.» Le jugement sera rendu ultérieurement.
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