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Dès 2011, les élèves genevois suivront un cours d’initiation au dialecte alémanique. Une première pour un canton romand
Présentée hier, la mesure en a surpris plus d’un: à Genève, les élèves apprendront bientôt le suisse allemand. Le Conseil d’Etat genevois a adopté la nouvelle grille horaire du cycle d’orientation pour la rentrée 2011, qui propose en particulier un cours d’introduction au dialecte alémanique. Une première en Suisse romande.
L’objectif ne sera pas de parler parfaitement le bernois ou le bâlois, note Charles Beer, chef du Département de l’instruction publique, qui avoue savoir tout juste commander une Ovo en suisse allemand. Il s’agira plutôt de faciliter la communication avec la majorité des habitants du pays.
Pragmatique
La mesure a l’avantage d’être pragmatique, estime le conseiller national Antonio Hodgers (Verts/GE): «J’ai toujours souhaité un enseignement de l’allemand davantage axé sur la pratique, et moins sur la littérature. N’oublions pas que si l’on apprend cette langue, c’est d’abord parce qu’elle est celle de nos compatriotes. Or personne ne parle le haut allemand à Berne! Le suisse allemand, c’est une langue de pouvoir, de travail et de médias. C’est donc un outil utile pour les jeunes Romands.»
Dans les cantons voisins, tout le monde n’est pas aussi convaincu de l’utilité de la mesure. «L’apprentissage du suisse allemand ne figure pas parmi nos priorités, estime Michel Beytrison, adjoint au service de l’enseignement du Valais. Les élèves apprennent déjà le français, l’anglais, l’allemand, et bien souvent une quatrième langue selon leur origine. Si on ajoutait une autre langue, cela ferait trop pour eux. On demande déjà beaucoup de choses à l’école!» Même constat dans le canton de Vaud, où l’on estime que l’enseignement du dialecte «n’est pas à l’ordre du jour».
Dans les cantons plus directement en contact avec la Suisse alémanique, le principe d’une initiation obligatoire au suisse allemand n’a pas non plus les faveurs des directeurs de l’enseignement. «Rien de tel n’existe dans notre programme officiel, observe Patrice Borcard, responsable de la communication de la Direction de l’instruction publique de Fribourg. En revanche, des cours facultatifs sont proposés dans les collèges, qui rencontrent un succès plutôt limité.»
A Fribourg, comme dans le Jura, on pousse plutôt les élèves à aller outre-Sarine, se frotter directement avec le dialecte: «On encourage beaucoup les échanges linguistiques, explique Patrice Borcard. Et le canton a récemment décidé d’intensifier la pratique de la dixième année, qui permet aux élèves d’aller passer une année entière dans un établissement alémanique à la fin de l’école obligatoire. En définitive, nous privilégions une approche concrète.»
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