Actualite 29/11/2010
Une "gifle" pour les étrangers de Suisse
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L’acceptation de l’initiative de l’UDC, à 52,9% sur le renvoi des étrangers criminels constitue une grave offense pour la population immigrée en Suisse, estime l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR). Cela ne facilitera pas la cohabitation future.



Avec cette décision, presque un quart de la population totale de la Suisse devient l’objet de soupçons, indiqué dimanche à l’ATS le secrétaire général de l’OSAR, Beat Meiner. «C’est une journée noire pour notre pays», dont l’image va pâtir dans le monde.

Ce vote ouvre une querelle pour des années à Berne sur la manière dont le texte devra être mis en application, estime l’OSAR. Au final, les partisans de l’initiative risquent bien d’être frustrés lorsqu’ils constateront que la Suisse ne peut pas expulser les étrangers comme le texte de l’UDC le demande.

Beat Meiner estime ainsi urgent d’entreprendre une démarche concrète pour stopper les dérives du droit d’initiative. Les autorités devraient examiner avant la récolte de signature si les initiatives populaires violent ou non la constitution et les droits humains.

"Etrangers indésirables"

En acceptant l’initiative de l’UDC, le peuple a clairement montré que les étrangers sont fondamentalement indésirables et suspects en Suisse, dénonce l’organisation Second@s Plus. Celle-ci précise: «les étrangers sont tolérés mais pas respectés».

Le résultat de la votation de dimanche est une nouvelle étape d’un développement xénophobe et raciste, écrit dimanche dans un communiqué Second@s Plus, organisation d’étrangers de la seconde génération vivant en Suisse. D’autant plus que «nous craignons que ce ne soit pas la fin de la spirale».

Au vu de la votation, la population juge impossible une intégration des populations migrantes et n’en veut d’ailleurs pas, analyse Second@s Plus. Qui arrive au même constat en raison de l’hétérogénéité de la société et du manque d’une culture dominante.

C’est pourquoi l’organisation a décidé de cesser son combat contre les tendances racistes et xénophobes et de se vouer uniquement au renforcement de la population migrante. Il s’agit de tracer une voie autonome pour les organisations de jeunes étrangers et de migrants.

A Genève, la Coordination contre l’exclusion et la xénophobie (StopExclusion) se désole du vote des Suissesses et des Suisses. «Désormais, la Suisse sera dotée d’une Constitution fédérale dans laquelle il est inscrit noir sur blanc le principe de discrimination entre nationaux et étrangers».

La faut au PS et l'économie



Elle déplore l’attitude de la majorité du Parlement qui «s’est contentée de rédiger un contre-projet reprenant les mêmes mesures discriminatoires que celles contenues dans l’initiative». StopExclusion appelle les milieux politiques à s’atteler plutôt à la lutte contre la paupérisation et aux inégalités sociales.

Le comité bourgeois en faveur du contre-projet à l’initiative de l’UDC jugent le PS et les organisations économiques responsables de son rejet. En prônant le double non, les socialistes ont aidé l’UDC à faire passer son initiative, a critiqué le président du PBD Hans Grunder.

Un avis partagé à la télévision alémanique SF par la conseillère nationale Christa Markwalder (PLR/BE). Elle a qualifié le PS «d’assistant de l’UDC».

Hans Grunder a dit à l’ATS être également déçu des organisations économiques qui ont consacré tout leur argent dans la campagne contre l’initiative «pour des impôts équitables». Au final, les partis du centre n’ont pas réussi à faire passer leurs arguments en faveur «du juste chemin». Le conseiller national bernois a également critiqué le fait que l’UDC utilise son initiative pour sa campagne électorale. «Il faut instaurer d’urgence une instance fédérale qui examine dès le départ la conformité au droit des initiatives», a-t-il dit.

Les Verts, consternés, appellent le centre à lutter contre l’UDC

L’acceptation de l’initiative de l’UDC sur les renvois d’étrangers porte un coup au principe d’Etat de droit de la Suisse, estiment les Verts. Le parti écologiste, qui se dit consterné par ce vote, appelle les formations du centre à lutter ensemble contre la politique discriminatoire de l’UDC.

«Le contre-projet tant vanté par le centre n’a malheureusement pas fait barrage à l’initiative. Bien au contraire, il a amené de l’eau au moulin des initiants», relèvent dimanche les Verts dans un communiqué.

Pour la suite, il faudra veiller à ce que l’initiative soit mise en oeuvre dans le respect des droits humains et du principe de proportionnalité. Chaque cas devra faire l’objet d’un examen individuel et non automatique comme le demande l’UDC.

Les écologistes appellent tous les partis ayant conservé une once de raison à revenir à une politique respectueuse de la Constitution et de l’Etat de droit. «Ce n’est qu’en démasquant et en combattant les manoeuvres purement électoralistes de l’UDC que les autres partis lui ôteront sa capacité de nuire», écrivent-ils

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