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UBS effectue des virements sans faire les contrôles de rigueur. Résultat: grugée par son papa, une apprentie se retrouve lourdement endettée. La banque est, elle aussi, lésée
Escroquer sa fille avec l’aide involontaire d’une banque, c’est possible. Emilie peut en témoigner. De fait, cette jeune apprentie romande de 21 ans a été roulée par son père, escroc notoire condamné à de multiples reprises (lire encadré), et s’est retrouvée avec un trou de près de 35 000 francs sur son compte UBS. Comment s’est-elle retrouvée dans cette situation? Explications.
Muni de la carte et des codes de sa fille, ce sexagénaire est parvenu sans peine à opérer deux virements, l’un de 25 000 et l’autre de 7800 francs, à une semaine d’intervalle. Gros problème: le compte d’Emilie, qui gagnait moins de 1000 francs par mois, était négatif de 266 fr. 65. Pourtant, ce n’est que des mois plus tard que la généreuse UBS s’est réveillée et a mis aux poursuites la jeune femme, à qui elle réclamait en juin dernier 38 694 francs – somme incluant 5% d’intérêts. «Etrange, très étrange. Il aurait dû y avoir un message d’alerte auprès du gestionnaire du compte», admet un employé d’UBS sous couvert de l’anonymat. C’est le moins que l’on puisse dire quand on sait que toute opération financière, même par Internet ou via une caisse automatique, doit être visée par un employé de la grande banque. «Je n’arrive pas à comprendre ce qui a pu se passer et pourquoi de tels ordres ont pu être confirmés», complète le banquier.
Plainte de la fille
«Il y a eu erreur humaine», reconnaît d’emblée le porte-parole de la banque, Jean-Raphaël Fontannaz. Qui explique: «En moyenne, nous avons un million de transactions par jour. Or nous avons eu des problèmes informatiques qui sont survenus en fin de la semaine en question. Cela a généré des centaines de versements à vérifier et à débloquer dans les meilleurs délais. En l’occurrence, le transfert a été validé sans que l’on s’aperçoive que le compte n’était pas alimenté.»
Si la banque veut bien reconnaître son erreur, elle rappelle aussi que tout client est responsable de sa carte et de ses codes. «La responsabilité est partagée. Pour nous, au départ, il y avait un donneur d’ordres», ajoute le porte-parole d’UBS. Cette dernière a toutefois annulé la dette d’Emilie, selon les documents en notre possession, mais s’est retournée contre le père indélicat et a obtenu un jugement en sa faveur qui l’autorise à saisir les futurs salaires du sexagénaire.
Emilie reste néanmoins toujours fâchée contre UBS: «Ses employés ont souvent téléphoné à mon travail et mon employeur a ainsi été informé.» Elle a déposé une plainte contre son père, dont les mauvaises actions la poursuivent partout: «Dès que l’on tape mon nom sur Internet, on trouve les escroqueries de mon père.» Et d’ajouter, navrée: «Personne ne veut faire confiance à la fille d’un escroc.»
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