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La maison du forcené de Bienne sera vendue le 9 décembre. Les acheteurs potentiels l’ont visitée hier. Ils ne craignent pas de représailles du sexagénaire.
Dans exactement neuf jours, Peter K. aura perdu sa maison. Elle aura trouvé preneur à l’issue d’une vente aux enchères prévue à Bienne. Hier après-midi, quelque quarante personnes ont pu visiter la fameuse maison mitoyenne de trois étages pour se faire une idée de ce bien estimé à 377 800 francs.
Parmi les visiteurs du 9, chemin Mon-Désir, on trouve des curieux, mais aussi des acheteurs potentiels. «La maison est située dans un quartier résidentiel qui semble très calme. Et elle n’est pas très loin de l’école. C’est un plus pour ceux qui ont des enfants», note un visiteur. «Le prix de départ est de 300 000 francs, relève un autre visiteur. C’est peut-être une bonne affaire car on peut la découper en trois appartements. J’assisterai à la vente en espérant qu’il n’y ait pas trop d’enchérisseurs.»
«Un joli coup à jouer»
Acheter la maison peut représenter une bonne affaire, mais avant de l’habiter, il y a du boulot! «Elle est dans un sale état, estime un acheteur potentiel. Les murs sont vieillots et l’isolation ne me semble pas terrible.» «Il faut refaire toutes les cuisines et les salles de bains, affirme un autre visiteur. Il y en a pour 250 000 francs de travaux. C’est un peu trop pour moi.» «Certes, il faut faire pas mal de travaux dans la maison. Mais si on les fait seul au lieu de mandater une entreprise, l’ardoise sera moins salée», confie un bricoleur rencontré sur place. «Même s’il faudra investir dans la rénovation, je peux vous assurer qu’avec un prix de départ de 300 000 francs, il y a un coup à jouer», lâche un observateur avant de nous donner rendez-vous pour la vente aux enchères du 9 décembre.
La plupart des acheteurs potentiels rencontrés hier assurent qu’ils seront de la partie dans neuf jours. Mais s’ils devaient enlever la mise, n’auraient-ils pas peur qu’un beau jour, Peter K., tant attaché à la maison familiale, ne vienne tenter de les déloger avec la même détermination affichée au moment de repousser les assauts policiers? «J’habite à deux pas de sa maison. Peter K. est un copain. Je n’ai pas peur de lui», garantit un voisin. «Imaginer que Peter K. revienne avec de mauvaises intentions est un délire journalistique, estime un visiteur. S’il vient, je lui offre un café.»
Cet acheteur potentiel n’est pas le seul à afficher une forme de respect envers Peter K. «C’est simple: s’il veut récupérer sa maison, je suis prêt à lui louer une chambre», dit, sérieusement, un Biennois. «Si je devais acheter la maison, je serais content de le voir», ajoute un autre. «Peter K. n’est pas un homme dangereux», martèle un troisième. Mais n’a-t-il pas tiré sur des policiers? «Je ne le savais pas. Mais ça ne fait pas de lui un homme dangereux pour autant.»
Dans exactement neuf jours, Peter K. aura perdu sa maison. Mais à croire toutes les personnes rencontrées hier, le sexagénaire sera toujours le bienvenu au 9, chemin Mon- Désir.
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