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Samedi, les premiers flocons ont semé la zizanie à Lausanne et à Genève. Les automobilistes portent le chapeau.
«La voirie n’a pas fait son travail.» «Les usagers sont mal équipés.» «Les transports publics n’ont pas facilité les choses.» Au moment d’expliquer le chaos qui s’est installé samedi à Genève et à Lausanne, avec l’arrivée des premiers flocons, chacun se renvoie la boule de neige! Les premiers à être mis en cause: les automobilistes qui n’ont pas encore mis de pneus d’hiver à leur voiture.
Que répondent les services genevois quand on leur reproche de n’être intervenus qu’à midi seulement? «C’est absolument faux», répond Pierre Liaudat, chef de la voirie. «Nous étions sur le terrain depuis 9 h 30 et sans discontinuer jusqu’au soir.» Petit joueur! pourraient lancer à leurs voisins les services lausannois, qui étaient, quant à eux, sur le pied de guerre depuis 5 h déjà. Dans les deux villes, on assure en tous les cas que le maximum a été fait et que toutes les équipes ont été mobilisées pour le déblaiement des routes. A Lausanne, la voirie admet néanmoins avoir fait une faute d’appréciation concernant l’état des trottoirs. «Nos équipes ont fait une pause entre 10 h et 13 h en pensant que cela ne poserait pas de problème, mais nous n’aurions pas dû!» explique Pierre-Alain Matthey, responsable du Service de déneigement de la ville de Lausanne.
Soutien de la police
Chacun s’accorde également sur le caractère exceptionnel de ces premières neiges. «Les premiers flocons sont particulièrement précoces cette année, je n’avais jamais vu ça de toute ma carrière, explique le chef du service lausannois. Mais ils sont surtout tombés toute la journée sans discontinuer, ne nous laissant aucun répit.» Ainsi, le chasse-neige à peine passé qu’il reneigeait, formant une petite couche de glace difficilement délogeable au prochain passage des lames.
Les deux voiries balaient ainsi d’une main les reproches qui leur sont faits quant à la journée de samedi. Et la police les soutient. «Ce sont toujours eux qui sont montrés du doigt quand il y a des problèmes, mais les déblay-euses ne peuvent pas être partout en même temps, lance Philippe Jaton de la police cantonale vaudoise. Ce sont les usagers qui doivent faire le nécessaire et adapter leur conduite.» L’attaché de presse d’ajouter que les automobilistes sont systématiquement surpris par les premières neiges alors que c’est chaque année la même rengaine. Alors en novembre, nombreux sont ceux qui n’ont pas encore équipé correctement leur voiture: «Un constat surtout valable pour la ville, car en campagne, où les gens sont plus habitués, nous n’avons enregistré aucun problème samedi.»
«Je crois que les gens oublient simplement qu’il neige dans notre pays», raconte Pierre-Alain Matthey. «Et quand c’est le cas, ils ne voient pas le problème de rouler avec des pneus d’été. Idem pour les bus qui n’avaient pas encore tous les pneus d’hiver.» Même constat à Genève: «Pour nous, c’est l’enfer parce que l’on est coincé derrière des véhicules qui glissent et n’avancent pas, ce qui nous empêche de travailler correctement.»
En mode alerte
Les automobilistes perturbent eux-mêmes la circulation. Les transports publics ne disent pas le contraire: «Tout le monde circulait au pas, ou pire, il y avait des accidents, alors cela entraîne forcément des bouchons, nous empêchant d’être à l’heure», explique Isabel Pereira, porte-parole des Transports Publics Genevois (TPG). «Le problème était notamment dû au fait qu’à certains endroits les routes n’étaient pas déneigées…»
Finalement, difficile de dire qui est responsable du chaos de samedi. Les services de la voirie assurent en tous les cas que ce soir ils seront en mode alerte. Pierre Liaudat d’ajouter: «Et ce sera plus facile, parce que la nuit, sans circulation, on peut aller tout droit. On est donc plus efficaces.»
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