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La Genevoise choisit une fête au rabais en prévision de son élection à la présidence de la Confédération
Une vieille tradition va passer à la trappe la semaine prochaine. Pour fêter la Genevoise Micheline Calmy-Rey, qui doit être élue à la présidence de la Confédération le 8 décembre, un train devrait normalement être affrété le lendemain de Berne pour la conduire triomphalement dans son canton. Il n’en sera rien. Pas de train, pas de fanfare à la gare, pas de raout particulier. La socialiste a choisi de fondre sa fête dans celle de l’Escalade, le dimanche 12 décembre à Genève.
Faut-il comprendre que son canton, puissance invitante, n’a pas eu envie de mettre les petits plats dans les grands? «Il s’agit du choix de Mme Calmy-Rey et il n’appartient pas au Conseil d’Etat de le contester», explique Bernard Favre, secrétaire adjoint de François Longchamp, président du gouvernement genevois. Du côté de la ministre des Affaires étrangères, on ne fait aucun commentaire officiel.
Mis dans la confidence, les élus fédéraux genevois, eux, ne se gênent pas de commenter cette fête au rabais. «La future présidente doit être nerveuse, avance Hugues Hiltpold (PLR). Elle se dit que si son élection rate, l’annulation de la fête se remarquera moins.» «De quoi a-t-elle peur, s’interroge Ueli Leuenberger? Je trouve assez incompréhensible de rompre avec la tradition fédérale et de se distinguer sur ce coup.»
L’ombre de la Libye
De Berne à Genève, plusieurs sources proches du dossier ne cachent pas que le choix de Micheline Calmy-Rey démontre qu’elle préfère faire profil bas et ne pas prendre le risque d’une fête en grande pompe qui prenne l’eau. La ministre des Affaires étrangères sait elle-même que son étoile vacille et que son élection à la présidence ne ressemblera pas à une formalité comme cela est habituellement le cas.
Les pires pronostics circulent depuis des mois sur le score médiocre, voire l’échec, que pourrait essuyer la Genevoise. Il faut dire que les tensions liées à la gestion de la crise des otages en Libye restent vives à Genève comme à Berne. Et le grand déballage va être ravivé avec la publication d’un rapport parlementaire à la fin de cette semaine.
Une fête qui divise
Dans le camp de la socialiste, on réfute bien sûr cette version. «C’est de la mesquinerie, estime Christian Levrat, président du PSS. En mêlant sa fête à celle des Genevois, Mme Calmy-Rey la rend plus conviviale et proche des gens.»
Le conseiller national Christian Lüscher (PLR/GE) n’en croit pas un mot: «A l’Escalade, les Genevois auront tout sauf envie de voir Mme Calmy-Rey. En fait, tout le monde à envie de lui voir tourner les talons, y compris dans son camp.» Voilà qui promet une belle ambiance pour le dimanche 12 décembre! «Nous aurions pu nous épargner cette genevoiserie, s’agace Hugues Hiltpold. Nous allons donner l’impression de fêter dans notre coin, car quels parlementaires vont faire le déplacement un dimanche à Genève?»
«Faux argument, rétorque le socialiste Carlo Sommaruga. Lors de ce genre de réception officielle, plus le canton est éloigné de Berne et plus le train est vide. Ce sera plus sympa et plus économe, c’est tout!»
Selon nos informations, il ne s’agit en tout cas pas d’une histoire de gros sous, car les coûts de la réception de la présidente seront à peu près les mêmes que si elle avait choisi la version traditionnelle. Ce qui est certain, c’est que jamais une fête n’a fait autant jaser avant même d’avoir lieu.
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