Notice: Undefined index: diario_lector_id in /var/www/diarios_v2/index.php on line 303 "Blindness": un glaçant thriller aux accents philosophiques tiré de Saramago - Noticia - - Suisse Hebdo - Francophone
"Blindness", glaçant thriller et parabole philosophique signée par le Brésilien Fernando Meirelles à partir d'un roman de José Saramago, montre une humanité livrée à ses plus bas instincts et plongée dans le chaos par une étrange épidémie de cécité. Dévoilé au Festival de Cannes où il avait été fraîchement accueilli, "Blindness" sort mercredi dans 150 salles, dans une version remaniée après les critiques reçues sur la Croisette.
Tirée du livre "L'Aveuglement" du Portugais José Saramago, Prix Nobel de littérature 1998, cette co-production entre le Japon, le Brésil et le Canada relate comment une mystérieuse épidémie surnommée le "mal blanc" se répand à une vitesse foudroyante dans une mégalopole moderne.
Mis en quarantaine, traités en pestiférés et bientôt en délinquants incarcérés par des autorités débordées par une crise sanitaire hors norme, cette communauté d'aveugles est livrée à la loi du plus fort.
Seule une femme -- la rousse Julianne Moore, teinte en blonde -- épargnée par l'épidémie, conserve son sens moral dans un univers qui s'effondre.
Car dans ce qui ressemble bientôt à un camp de concentration, les liens sociaux se défont, la lutte pour la nourriture suscite des rixes de plus en plus violentes, les femmes deviennent une marchandise...
Les Américains Mark Ruffalo et Danny Glover, le Mexicain Gael Garcia Bernal la Brésilienne Alice Braga, le Canadien Don McKellar (également scénariste), et les Japonais Yusuke Iseya et Yoshino Kimura campent des victimes et pour certains, des bourreaux, au sein de cet échantillon d'Humanité à la dérive.
Six ans après "La cité de Dieu", brillante fiction survoltée sur la guerre des gangs à Rio, Meirelles a été séduit par l'histoire imaginée par Saramago en raison des différentes lectures, philosophique, politique, morale, auxquelles se prête cette parabole sur la "fragilité de la civilisation".
"C'est comme si la civilisation reposait sur une fine couche de glace qui pouvait s'effondrer à tout moment", avait-il dit à Cannes, voyant dans ce film d'action à la tension constante "une métaphore de tous les maux du XXe siècle".
Le scénariste Don McKellar a accentué le tragique du récit de Saramago en lui donnant des échos d'actualité -- certaines scènes, visuellement saisissantes, rappellent les violences vues après l'ouragan Katrina à la Nouvelle Orléans ou l'épidémie de SRAS.
Les extérieurs de "Blindness" ont été tournés au Brésil, à Sao Paulo, ce qui a permis de satisfaire l'une des conditions de Saramago: situer l'histoire dans une métropole anonyme et non-européenne.
Contacté dès 1998 par Meirelles, Saramago s'est au départ montré réticent à céder les droits d'adaptation de son livre, estimant que "le cinéma détruit l'imagination", avait expliqué le cinéaste à Cannes.
Pour donner plus de force à cette odyssée de la barbarie et s'émanciper davantage du roman, Fernando Meirelles a gommé l'omniprésente voix off qui alourdissait le film projeté sur la Croisette.