Notice: Undefined index: diario_lector_id in /var/www/diarios_v2/index.php on line 303 8e Championnats d'Europe d'escalade: la vie au bout des doigts - Noticia - - Suisse Hebdo - Francophone
Les 8e Championnats d'Europe d'escalade, qui mettront aux prises les 17 et 18 octobre au Palais omnisports de Bercy environ 200 compétiteurs d'une vingtaine de nations, marquent l'engouement pour ce "jeune" sport de compétition qui connaît en France un développement exponentiel avec 35% de nouveaux licenciés depuis 2001.L'équipe de France d'escalade est d'ailleurs régulièrement de tous les podiums (Championnats du monde, Coupe du monde, Championnats d'Europe) et près de 200 compétitions sont organisées chaque année dans l'Hexagone.Placé sous l'égide de la Fédération Française de Montagne et d'Escalade (FFME), ce sport accueille une soixantaine de milliers de pratiquants en France, filles et garçons en majorité de moins de 20 ans, pour quelque 1100 clubs répartis sur tout le territoire."La grimpe est un mouvement naturel chez les enfants qui procure des sensations immédiates, du plaisir mais aussi de petites frayeurs que l'on s'applique à dépasser", explique Pierre-Henri Paillasson, le directeur technique national, qui assistait jeudi à l'initiation, au gymnase Alice Millat à Paris de quelque 200 élèves de CP et CM2 des écoles des 13e et 14e arrondissements.
Au pied du grand mur multicolore de 11 mètres avec sa myriade bigarrée de centaines de prises, les petits apprennent à boucler le baudrier, attacher les mousquetons et surtout observer les règles de sécurité draconiennes.
"C'est un sport collectif, responsable et solidaire", souligne le directeur technique. Le grimpeur est à un bout de la corde dans son ascension verticale. Mais à terre, il y a son ange gardien, "l'assureur", qui contrôle l'autre extrémité de la ligne de vie et bloque la corde en cas de décrochage. A moins d'une improbable défaillance humaine, l'accident est impossible.
Trois disciplines: Bloc, Difficulté, Vitesse
Les compétitions d'escalade comportent trois disciplines différentes: le bloc, la difficulté et la vitesse.
La première est l'ascension extrêmement technique et sans corde d'un rocher artificiel de 4 à 5 mètres de haut avec des surplombs à plus de 40°, qui requiert du grimpeur à la fois puissance musculaire mais aussi une énergie et une tonicité à toute épreuve pour réussir des contorsions verticales et brutales défiant toutes les lois de la pesanteur. S'il tombe (ce qui se produit souvent), il se reçoit sur d'épais matelas placés au pied de la paroi.
L'épreuve de "difficulté", considérée comme l'épreuve reine, où les Français excellent, se dispute sur un mur de 15 mètres (structure artificielle d'escalade - SAE) avec de longs passages en surplombs tendus vers le vide. "La participation cognitive est aussi importante que la force physique et la souplesse", explique Mario Minoggio, cadre technique de la Fédération qui, torse nu, vient d'escalader la partie la plus ardue du mur du gymnase Alice Millat.
Le grimpeur est placé pendant 6 minutes en observation devant le mur qu'il découvre. Il lit et mémorise son parcours, repère les prises, la voie extrême qu'il empruntera pour aller au faîte. Puis il est placé à l'isolement, "où il escalade mentalement et à plusieurs reprises la paroi verticale", précise Mario. Enfin, encordé, il attaque le mur dont il doit venir à bout en moins de 8 minutes.
Cette discipline avait été portée à la connaissance du grand public dans les années 80 et en milieu naturel, par le pionnier de l'escalade, Patrick Edlinger et son film "La Vie au bout des doigts", où on le voyait se balancer au-dessus du vide, accroché à la falaise par un seul doigt.
Reste la troisième discipline, la vitesse. Le mur de 15 m est totalement vertical. Les grimpeurs s'affrontent en parallèle. C'est le sprint vertical, dont l'actuel champion du monde est un Chinois, Qixin Zhong, qui a grimpé 2 mètres à la seconde en juin dernier, pour arriver au sommet en ... 7 secondes 35.
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