Notice: Undefined index: diario_lector_id in /var/www/diarios_v2/index.php on line 303 "La loi et l'ordre": De Niro et Pacino piégés dans l'horrible polar de Jon Avnet - Noticia - - Suisse Hebdo - Francophone
Difficile à croire mais Robert de Niro et Al Pacino n'avaient jamais joué ensemble. Enfin si, les deux acteurs italo-américains figurent tous deux au casting du deuxième volet du "Parrain" (1975), mais ils n'y avaient aucune scène commune. Leur magnifique performance dans le chef-d'oeuvre de Francis Ford Coppola a participé à forger leur légende, mais ils n'ont plus jamais rejoué ensemble... jusqu'à "Heat" (1996) de Michael Mann.Dans ce superbe polar, Pacino incarnait un inspecteur de police et De Niro le chef d'une bande de malfrats: cette fois, ils ont eu une scène ensemble. Une seule et unique scène, d'une justesse et d'une subtilité infinie: le flic et le gangster se mesurent, se défient et s'affrontent calmement autour d'un café. La caméra de Michael Mann pousse la pudeur jusqu'à éviter de les monter dans un même plan. Au final, ces quelques minutes de pellicule livraient une rencontre au sommet, celle de deux acteurs brillants formés à l'Actor's Studio, capables d'avoir le jeu le plus nuancé possible
Pourquoi s'attarder sur "Le Parrain" et "Heat", alors que les visages de Pacino et De Niro s'affichent partout sur les posters de leur dernier film? Tout simplement parce que "La loi et l'ordre" (sortie mercredi dans les salles en France) est un insupportable affront, un affront au cinéma, un affront à la carrière de Robert de Niro, un affront à celle d'Al Pacino.
Certes, ces dernières années, tous deux ont eu leur part de nanars: "Godsend" ou "Showtime" pour Robert de Niro; "Amours troubles" ou "88 minutes" pour Pacino. A croire d'ailleurs que ce dernier est un peu maso dans ses choix de carrière, puisqu'il a une nouvelle fois accepté de tourner avec le réalisateur Jon Avnet... Cette fois, Robert de Niro est tombé dans le même piège: celui d'un polar incroyablement bien raté, sans suspense, sans âme et sans autre intérêt que de voir deux hommes talentueux se débattre dans un océan de médiocrité.
Synopsis et mode d'emploi du débâcle: "Après avoir passé trente ans ensemble dans la police de New York, les détectives Turk (Robert de Niro) et Rooster (Al Pacino) sont prêts à tout, sauf à prendre leur retraite. Peu avant leur départ, plusieurs criminels ayant échappé à la justice sont assassinés selon un mode opératoire qui rappelle celui d'un serial-killer que les deux enquêteurs ont mis sous les verrous des années auparavant. Une insupportable question se pose alors: Turk et Rooster se seraient-ils trompés? L'officier Karen Corelli s'interroge, et les détectives Perez et Riley espèrent résoudre l'affaire avant Turk et Rooster. Très vite, le lieutenant Hingis, leur chef, commence à craindre qu'un policier ne soit impliqué. C'est le début d'une enquête à hauts risques".
Et le début d'un film à hauts risques pour n'importe quel cinéphile: 1h40 de scènes et de situations -plus ou moins- déjà vues, dignes d'une série policière bas de gamme, avec des acteurs au degré zéro de leurs capacités: Pacino et De Niro promènent leurs silhouettes de flics fatigués à travers les séquences, multiplient leurs tics et leurs trucs d'acteurs, ânonnent leurs répliques et encaissent leurs chèques.
On ne sait plus qui est le coupable: Russel Gewirtz, le scénariste du brillant "Inside Man" de Spike Lee, pour avoir écrit une horreur pareille? Jon Avnet pour avoir réalisé un film aussi pathétique? Ou le duo Pacino-De Niro pour s'être abaissés à y jouer?
Dialogues fadasses, personnages grossiers, intrigue inepte, réalisation scolaire: tout est réuni pour faire de ce film une catastrophe, une véritable étape à ignorer à jamais dans la carrière des deux monstres sacrés d'Hollywood. Le seul chanceux de cette aventure ratée demeure le rappeur 50 Cent. Pour sa deuxième apparition sur grand écran (après "Réussir ou mourir" de Jum Sheridan), 50 Cent, Curtis Jackson de son vrai nom, a pu jouer aux côtés de Robert De Niro et d'Al Pacino.
"Sous la table, mes jambes n'arrêtaient pas de trembler", dit-il. "Ils ont joué dans des films que j'adore, et être dans la même pièce qu'eux était déjà quelque chose d'incroyable". Un moment qu'il chérira probablement toute sa vie. Les spectateurs, eux, auront fort à faire pour effacer le souvenir de "La loi et l'ordre" de leur mémoire. Revoir "Le Parrain II" ou "Heat" aidera peut-être un peu.