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Deux soeurs unies dans la mort
03/07/2009 13:23:29
Michela (33 ans) a pris sa soeur Ilaria (36 ans) dans ses bras pour la protéger des flammes. Les secours ont retrouvé leurs corps enlacés et calcinés. Leur maison est détruite. Elles ne laissent derrière elles qu'un lot de photos à moitié brûlées.
«Leur mère est morte le 27 juin, l'année dernière. Et mes deux nièces, Ilaria et Michela, sont mortes brûlées dans la nuit du 29 au 30 juin dernier. Ce n'est pas possible. C'est un concours de circonstances infâme», pleure Angela Matrone, la tante maternelle d'Ilaria et de Michela. Les deux jeunes filles, âgées respectivement de 36 et 33 ans, sont décédées suite à l'explosion d'un wagon-citerne à Viareggio. «On peut toujours se dire, comme seul réconfort, que la maman les a appelées au ciel. Mais même cela, j'ai de la peine à l'accepter», ajoute la tante.
Les deux jeunes victimes habitaient rue Ponchielli, juste devant la gare, où s'est scratché le train meurtrier. Lundi, à 23 h 30, un des wagons-citernes d'un convoi rempli de GPL (un gaz hautement inflammable) déraille et tout prend feu. Ilaria et Michela, surprises dans leur sommeil, n'ont pas eu le temps de fuir les flammes. Certains voisins, lors de la débâcle, disent même avoir entendu des appels au secours du côté de leur maison. Elles n'ont eu aucune chance d'échapper aux flammes de 200 mètres de haut qui se sont diffusées dans tout le quartier de la gare. Les pompiers ont retrouvé les deux corps enlacés dans la cour d'entrée de l'immeuble.
«Michela a pris dans ses bras Ilaria pour la protéger, ajoute la tante. J'en suis sûr. C'était la cadette, mais la plus grande et la plus physique. Ilaria avait certainement la tête blottie contre le corps de sa soeur, lorsque le feu les a atteintes. Ce qui a protégé son visage. J'ai pu le reconnaître, malgré les brûlures. Au contraire de Michela. Son corps a complètement brûlé. Méconnaissable. Mais c'est bien ma nièce. J'ai reconnu sa bague», explique la tante. Dans son malheur, elle pense avoir eu de la chance. Car la majorité des cadavres, retrouvés carbonisés dans la rue, n'ont toujours pas été identifiés. Les autorités italiennes doivent recourir aux tests ADN, pour leur donner un nom.
«Leur mère est morte il y a une année. Leur père il y a quatre ans. Et maintenant, les deux filles. Il n'y a plus personne. Je n'ai plus personne», maudit Angela Matrone. Elle a visité, hier, la maison des deux victimes qui vivaient ensemble. «Le toit s'est effondré. Il n'y a plus rien. Excepté ce lot de photos à moitié brûlées», raconte-t-elle. Avec ses frères, Angela Matrone a tenté, en vain, de retrouver des effets personnels. Notamment l'ordinateur d'Ilaria. «Elle écrivait un livre, sans nous dire sur quel sujet. Elle voulait nous faire une surprise. Nous avons bien trouvé une partie de l'ordi, mais fondu. Je ne sais pas si nous pourrons un jour lire son histoire», se désespère la tante.
Ilaria et Michela étaient deux enfants de Viareggio. La première travaillait dans un hôtel de cette ville toscane au bord de la mer. La deuxième faisait la baby-sitter. «De belles filles, intelligentes comme leur père, souriantes. Pourquoi elles?» conclut Angela Matrone. Comme beaucoup d'autres proches, elle pleure sa famille disparue et maudit les responsables de ce désastre. Cette tragédie ferroviaire a fait 19 morts, dont plusieurs mineurs.
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