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Divorcées, violentées et expulsables
03/07/2009 13:27:03
Le constat, accablant, est le même dans tous les centres pour immigrés. Nombre de femmes subissent une «double peine», comme le déplore Christophe Dubrit, du centre LAVI de Lausanne: rester mariée et subir les coups, ou divorcer au risque de perdre son permis. «La nouvelle loi sur les étrangers (LEtr), entrée en vigueur début 2008, n'a pas apporté de réels changements», regrette Nicole Michel, de Suisse-immigré à Sion (VS).
Une prolongation de séjour peut être accordée si le mariage échoue. Celui-ci doit avoir duré au moins 3 ans, sauf en cas de «raisons personnelles majeures», comme les violences. Il faut aussi apporter la preuve que le retour au pays est difficile et que l'intégration est réussie. «Des concepts abstraits laissés à la libre interprétation de l'administration», juge Myriam Schwab, du Centre social protestant. L'insertion est d'autant plus difficile pour les épouses dont les conjoints, violents, limitent souvent la liberté de mouvement.
Au Service vaudois de la population, on explique que les dossiers sont souvent incomplets et les plaintes fréquemment retirées. «Je l'ai fait sous la pression de mon mari et les conseils de mon avocat», confirme Genet Douno, une Ethiopienne défendue par le collectif des Sorcières en colères. Depuis peu, les fonctionnaires sont sensibilisés aux problèmes de violences. Pourtant, seuls une dizaine de cas ont été traités depuis l'entrée en vigueur de la LEtr.
«Ma seule faute? C'est d'être étrangère»
En 2002, Simone*, étudiante, arrive en Suisse. Elle rencontre son futur mari. Ce Suisse, de 10 ans son aîné, lui cache ses trois précédents divorces et se montre «charmant»... jusqu'au mariage. Puis il lui demande d'arrêter son travail. De disputes en insultes, la situation se détériore. Son mari la traite comme une «chose» et joue de la précarité de sa condition: «Si tu divorces, tu devras partir d'ici.» Elle dépose une plainte pour violences, son conjoint aussi. Résultat? Les deux sont condamnés. De peur de perdre son permis et son emploi, Simone vit toujours avec son bourreau.
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