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Affaire Ramadan: pas d'enquête pénale à Genève

01-02-2018
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News News Affaire Ramadan: pas d'enquête pénale à Genève
L'islamologue a été placé ce mercredi en garde à vue à Paris. Pour ses avocats genevois, «il n'était pas question pour lui de manquer ce rendez-vous»

Les avocats genevois de Tariq Ramadan, Mes Yaël Hayat et Marc Bonnant, indiquent qu’il n’y a, à leur connaissance, aucune procédure ouverte contre lui en Suisse et relativisent la garde à vue parisienne. «Le rendez-vous d’aujourd’hui était connu de Tariq Ramadan et voulu de lui. Il ne s’agit pas d’une surprise, explique Me Yaël Hayat. Il est temps que la parole lui soit donnée et qu’il soit entendu. Il n’était ainsi pas question pour lui de manquer ce rendez-vous.»

Les deux ténors du barreau ont été mandatés par l’islamologue suisse suite aux témoignages d’anciennes élèves dans nos colonnes, affirmant qu’il avait abusé de son pouvoir pour entretenir des rapports sexuels avec certaines d’entre elles. «Ce volet ne connaît aucun développement judiciaire en l’état, a déclaré Me Marc Bonnant à 20 Minutes, puisque celles qui se sont découvertes victimes en revisitant leur consentement ont décidé de se taire et de n’initier aucune procédure pénale.» Interrogé par nos soins sur la signification du terme «consentement», le pénaliste réfute toute équivoque. Et de préciser que «les anciennes élèves ont revisité la relation qui les unissait à leur professeur dans une bataille médiatique et non judiciaire en réservant leurs confidences aux médias, des accusations qui restent voilées et des paroles en niqab.»

Ces témoignages ont suscité une forte émotion à Genève et pointé des manquements graves de l’institution selon notre enquête. D’autres cas d’abus de professeurs toujours en poste au collège ont depuis été dénoncés, et au moins une procédure administrative a été ouverte à l’encontre d’un enseignant. Cette polémique a notamment poussé le Département de l’instruction publique à ouvrir une ligne téléphonique pour les victimes, gérée par des professionnels indépendants. Une première du genre en Suisse. Au parlement, la députée PDC Anne Marie von Arx-Vernon a exigé des réponses du gouvernement notamment sur les dysfonctionnements ayant eu pour conséquence que des jeunes femmes n’aient pas été suffisamment soutenues par l’Instruction publique. L’institution est pointée du doigt pour n’avoir pas relayé leur parole, voire dénoncé les faits à la justice.

Dans sa réponse écrite ce vendredi, l’État a pour la première fois exprimé «aux victimes sa compassion» et rappelé les devoirs du personnel encadrant. Ainsi, tout fonctionnaire «acquérant connaissance d’un crime ou délit poursuivi d’office, est tenu d’en informer immédiatement la police ou le Ministère public». En cas de suspicion d’infraction, il doit en informer sa hiérarchie directe. Tous les adultes travaillant dans le cadre d’un établissement scolaire peuvent recueillir la parole d’un élève et sont tenus de la relayer. L’État précise qu’une procédure administrative peut être ouverte, que les faits soient récents ou anciens, si le collaborateur est en fonction. Enfin, il rappelle aux professionnels «le devoir d’exemplarité qui exclut toute forme de comportement inadéquat».

Anne Marie von Arx-Vernon se félicite de cette mise au point de l’État, elle qui a recueilli «des confidences de victimes qui n’osent aujourd’hui pas déposer plainte, par peur d’avoir à faire avec les mêmes personnes qui ne les ont pas écoutées à l’époque». Tout en les encourageant à témoigner au Centre LAVI, «qui offre désormais un espace de neutralité». (TDG)

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